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rest / life/ store / […] le 15 octobre 2011

Charlotte Seidel et Guillaume Aubry
le 15 octobre 15h-21h

Pour son dernier projet en ses murs, Chez Edgar invite deux artistes vivant à Paris à un échange inédit. Guillaume Aubry et Charlotte Seidel développent chacun un certain rapport au lieu, à l’existant, au présent.

Artiste et architecte, Guillaume Aubry convoque habilement ses différentes casquettes pour ses expérimentations artistiques. Pour cet artiste, l’exposition ne pourrait survenir en dehors du site. Il aborde le lieu de l’exposition frontalement et l’envisage par un chemin performatif : la prouesse comme l’action en direct. Et d’ailleurs l’exposition généralement prend la forme d’une action ! Une action à l’encontre du spectaculaire, une action qui convoque la mémoire et le potentiel de l’imagination.

Il laisse ainsi s’échapper des souris dans l’espace d’exposition de la Maison Populaire à Montreuil, lors du programme « Plutôt que rien : démontage », après qu’elles aient grignoté une nuit durant en livre de poche, Les trois sœurs d’Anton Tchekhov. Les souris ne tardent pas à disparaitre, laissant pour tout souvenir au visiteur du jour l’ouvrage grignoté.

Lors de la biennale Panorama à Bourges, rassemblant deux des conditions du projet : « donner à voir » et accueillir les étudiants de la ville pour un atelier, Aubry choisit d’exposer le workshop. Les étudiants se retrouvent ainsi en situation d’exposition lors dans leur processus de travail sur le module d’exposition d’Aubry durant 4 jours. La postproduction est inexistante, les résultats des expérimentations apparaissent au public en temps réel.

Charlotte Seidel cultive un art minutieux de l’invisible, effleure l’effacement ; son travail s’insère, fait corps avec le lieu. Parfois la pièce (le corps étranger) ne se montre pas… . C’est le cas ainsi d’une récente intervention qu’elle propose avec le pavillon du Palais de Tokyo dans l’un des modules, faisant brancher sur les rails techniques, à quatre mètres de hauteur, des adaptateurs de prises témoins de ses récents voyages. Un casse-tête technique, une œuvre à chercher avec persévérance pour le visiteur par trop impatient. Ou bien encore à Dallas, l’artiste ne présente rien sinon une poursuite qu’elle dirige sur certains des visiteurs à l’occasion du vernissage. Une mise en lumière qui intensifie la théâtralité du moment.

Sinon Charlotte Seidel aime à magnifier les petits détails, le quotidien, crée une poésie d’un petit rien. La mousse du shampoing qui s’écoule sur une faïence bleue devient, une fois filmée, ciel estival agité de nuages cotonneux. Un astucieux assemblage de câbles électriques reliant des citrons à un précipité dans un verre d’eau, recrée par quelques réactions chimiques l’atmosphère chatoyante d’un coucher de soleil. Dans un hôtel, pour personnaliser des chambres standardisées, Seidel brode les initiales d’inconnus dans l’un des coins des taies d’oreiller.

La rencontre entre Aubry et Seidel s’oriente pour ce projet au format singulier vers un mode collaboratif. Surgissant, à la manière des spams qui stratégiquement envahissent nos boites aux lettres, grâce à des mots clés précisément définis, les deux artistes s’emparent, chez Edgar, de l’espace et du temps, et proposent un scénario spectaculaire qui explore les limites du visible et du dicible – qui explore les limites de l’espace et du temps.  Un dialogue continu et une progression constante qui viennent abattre le quatrième mur dont nous parle Brecht.